Motivation en baisse : pourquoi la flemme s’installe en 2026
2026/04/21
Motivation en baisse, fatigue mentale, difficulté à s’engager : ces signaux deviennent de plus en plus visibles. Selon Gallup (rapport State of the Global Workplace), seulement 23 % des salariés dans le monde se disent engagés dans leur travail. Dans un environnement rapide, saturé d’informations et d’injonctions, lancer un projet et maintenir son engagement devient plus complexe que jamais. Derrière cette “flemme” moderne, il y a surtout des mécanisme liés à notre environnement.
En effet, mettre les gens en mouvement devient de plus en plus compliqué ! C’est un constat que je fais depuis quelques années dans le monde pro et dans l’associatif, partout où il faut rassembler des personnes autour d’un objectif commun.
Quelque chose a changé dans notre rapport à l’effort. Aujourd’hui, lancer un projet, transformer une idée en action concrète et rester mobilisé une fois l’enthousiasme du départ retombé semble demander bien plus qu’avant. Comme si une forme de flemme moderne s’était installée peu à peu dans nos habitudes. Pas la paresse de canapé d’autrefois, mais quelque chose de plus discret, presque normal.
Ce monde accéléré et immédiat a modifié notre manière de percevoir les efforts de longue durée
Le vrai point de rupture se situe désormais entre le oui de départ et l’engagement réel. Longtemps, on nous a expliqué cela par « la quête de sens ». Il faudrait comprendre pourquoi avant de s’investir ! L’idée a sa part de vérité, mais elle n’explique pas tout. Même quand le projet est clair, utile et cohérent, le désengagement reste fréquent. Beaucoup veulent du sens, mais cela ne suffit plus à créer de la persévérance. Le sens rassure et il devient même un prérequis moral et sociétal.
Nous vivons dans un monde du paraître, rythmé par une instantanéité permanente, où tout semble devoir arriver vite. À force, tout ce qui demande de s’inscrire dans la durée paraît plus lourd qu’il ne l’est réellement. Lire un dossier sérieux, construire quelque chose sur plusieurs semaines ou avancer sans résultat visible tout de suite devient plus difficile, non parce que les gens seraient moins capables, mais parce qu’ils sont habitués à un autre tempo.
Derrière cette « flemme » se cache une fatigue mentale liée à la surcharge et à la pression quotidienne
Il faut aussi regarder du côté de la fatigue mentale générale, beaucoup de personnes ne manquent pas de volonté, elles manquent surtout d’espace intérieur. Entre la pression quotidienne, la surcharge d’informations, les comparaisons permanentes et les inquiétudes ambiantes, beaucoup arrivent déjà saturées avant même de commencer quoi que ce soit. Ce que l’on appelle parfois la flemme est souvent une forme d’usure silencieuse, une difficulté à se poser assez longtemps pour s’engager vraiment.
Génération Alpha élevée dans l’instantanéité et l’IA : comment leur transmettre le goût de l’effort ?
Concernant maintenant la génération Alpha, le sujet est encore plus intéressant, car elle grandit avec l’IA, les contenus ultra-personnalisés et une immédiateté encore plus forte que celle que nous avons connue. Elle sera certainement plus rapide, plus agile et plus à l’aise avec des outils que nous découvrons à peine. Alors la question aujourd’hui est… comment transmettre le goût de la patience, de l’effort long et de la construction progressive dans un monde qui valorise surtout la vitesse ?
Publié le 21/04/2026
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