Étape 1
À quel rythme souhaitez-vous étudier ?
Dans quelle filière souhaitez-vous étudier ?
Quel niveau de formation souhaitez-vous obtenir ?
dossier

Alternance 2026 : moins d’aides, plus de questions

2026/02/03

Alternance 2026 : moins d’aides, plus de questions
Alternance 2026 : moins d’aides, plus de questions

En 2026, l’alternance change de règles et de logique. Entre nouvelles contraintes et ajustements financiers, savoir comment s’y retrouver devient crucial pour les jeunes et les entreprises.

Pour comprendre ce qui change en 2026 pour l’alternance en France, il faut sortir des idées reçues et se pencher sur des informations récentes et concrètes issues des textes qui s’appliquent dès le 1ᵉʳ janvier 2026, avec des impacts à la fois pour les alternants eux-mêmes et pour les entreprises qui recrutent. Cette année est marquée par un tournant, où l’alternance, qui a longtemps été soutenue par des dispositifs très généreux pour inciter à l’embauche, voit une série d’ajustements réglementaires et financiers qui modifient profondément l’écosystème de la formation en alternance. 

La première grande nouveauté, et sans doute la plus significative, c’est la fin des exonérations sociales spécifiques aux apprentis dans le secteur privé. Jusqu’ici, ces exonérations permettaient aux entreprises d’embaucher des jeunes en alternance sans payer de cotisations sociales, ce qui réduisait le coût du recrutement et participait à rendre l’alternance attractive. À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, tout nouveau contrat d’apprentissage est désormais soumis aux cotisations sociales de droit commun, comme pour un salarié classique. Cette mesure, inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale, alourdit mécaniquement le coût pour l’employeur et se répercute aussi sur le salaire net que perçoit l’alternant, qui pourrait voir une baisse nette de rémunération par rapport à 2025. 

Fin des exonérations sociales spécifiques aux apprentis dans le secteur privé.

Sur le volet des aides financières directes à l’embauche, il y a aussi un vrai changement de paradigme. Les dispositifs exceptionnels qui existaient les années précédentes ne sont plus reconduits dans leur forme antérieure. Pour 2026, l’aide unique à l’embauche d’un apprenti se limite à un montant de 5 000 € maximum pour les entreprises de moins de 250 salariés, versé pour la première année du contrat. Si l’alternant est en situation de handicap, ce montant peut être porté à 6 000 € et il reste cumulable avec d’autres soutiens spécifiques. En revanche, les grandes entreprises de plus de 250 salariés ne peuvent plus bénéficier de cette aide dans les conditions “exceptionnelles” précédentes ; elles ne conservent que les aides légales de base prévues par le Code du travail. 

Ces évolutions ont des conséquences très concrètes sur le pouvoir d’achat des alternants et sur l’attractivité globale du dispositif. La suppression des exonérations sociales, combinée à une grille de rémunération qui reste indexée sur l’âge et l’année de formation mais qui doit maintenant intégrer des cotisations plus élevées, se traduit par une rémunération nette moindre qu’auparavant pour beaucoup de jeunes en alternance. 

Pour certains, c’est une perte de plusieurs dizaines d’euros par mois, ce qui compte quand on est en début de carrière et qu’on doit gérer loyer, transport et alimentation.

Au-delà du salaire et des aides, ces changements s’inscrivent dans une réflexion plus large du gouvernement autour de la soutenabilité du financement de l’apprentissage. 

Ces dernières années, le nombre de contrats signés a explosé, rendant coûteux pour l’État le maintien du système tel qu’il existait, et poussant à une réforme qui cherche à recentrer les moyens sur les besoins réels et à mieux impliquer les branches professionnelles dans la définition des priorités de formation. Cela ne change pas l’objectif d’utiliser l’alternance comme un levier d’employabilité des jeunes, mais la manière de financer et de soutenir ce modèle s’adapte à un contexte économique contraint. 

Enfin, il faut garder en tête que certaines mesures sont encore en attente d’adoption définitive au travers de la loi de finances pour 2026. Le cadre actuel repose en partie sur des dispositions transitoires et des textes d’application qui seront précisés au fil de l’année, ce qui signifie que le paysage de l’alternance peut encore connaître des ajustements dans les prochains mois. Ce contexte d’incertitude impose aux entreprises, aux centres de formation et aux futurs alternants une vigilance accrue pour anticiper les impacts et optimiser leurs choix de recrutement ou de parcours. 

L’alternance devrait être un investissement dans l’avenir de nos jeunes, pas un terrain d’économie budgétaire ! Défendre ce modèle, c’est défendre une génération qui veut travailler, apprendre et s’engager et pas servir de variable d’ajustement.

Publié le 03/02/2026

  • Actus
  • Alternance
  • Apprenants
Besoin d'aide ?